

Le référé précontractuel est un recours d'urgence devant le tribunal administratif qui permet à une entreprise évincée de contester une procédure de passation irrégulière avant la signature du contrat.
Le référé précontractuel a pour objet de contester la procédure de passation d’un contrat public (marché public, concession, délégation de service public), le résultat d’un appel d’offres.
Il a pour objet de contester la procédure de passation d’un contrat public, avant la signature du contrat, afin de sanctionner les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence.
Le référé précontractuel est prévu aux articles L.551-1 et suivants du Code de justice administrative.
Les principales étapes du référé précontractuel sont les suivantes :
Information du rejet de l’offre et analyse des motifs de rejet. Il convient de ne pas perdre de temps car le référé précontractuel doit obligatoirement être engagé avant la signature du contrat.
Le cas échéant, demande d’informations complémentaires à l’acheteur. Si les motifs de rejet de l’offre ne sont pas suffisants, il est possible de demander à l’acheteur des informations complémentaires sur les raisons et motifs qui ont conduit au rejet de l’offre. Attention, il est préférable de saisir le juge des référés en parallèle car les informations demandées peuvent être communiquées alors que le contrat est finalement signé.
Cette demande d'informations n'est pas une formalité : bien menée, elle conditionne la solidité de la requête. Nous détaillons ce qu'il faut réclamer et dans quels délais dans notre guide sur le droit à l'information du candidat évincé, et nous passons en revue l'ensemble des options dans notre article sur les recours après le rejet d'une offre en marché public.
Rédaction de la requête. La requête pour être recevable doit exposer des moyens et arguments de fait et de droit, il doit être démontré des irrégularités dans la procédure en lien avec le rejet de l’offre (intérêt à agir).
Dépôt de la requête auprès du juge administratif compétent. Cette requête doit être déposée avant la signature du contrat.
Notification de la requête à l’acheteur : La requête et les pièces justificatives doivent être communiquées à l’acheteur qui a lancé la procédure de passation du contrat, afin qu’il suspende la signature du contrat jusqu’à la décision du juge.
Procédure: l’acheteur et l’attributaire sont amenés dans le cadre de la procédure à répondre à la requête. Le requérant a la possibilité de leur répondre.
Audience : Les parties présentent leurs arguments oralement et peuvent fournir des précisions et clarifications sur les points litigieux. L’instruction prend fin à l’issue de l’audience devant le juge des référés.
Décision du juge : Après avoir examiné les arguments des parties, le juge rend sa décision. Il peut décider de rejeter la requête si aucune irrégularité n’est constatée ou bien ordonner l’annulation de la procédure (ou une partie) de passation du contrat, si des irrégularités sont avérées.
Le rôle d’un avocat dans le cadre d’un référé précontractuel est essentiel.
Assistance juridique : L’avocat conseille ses clients sur leurs droits et obligations en matière de passation du contrat : analyse des documents de la consultation (DCE), de l’offre de l’entreprise, des motifs de rejet des offres, et analyse de la procédure.
Préparation de la requête : L’avocat assiste son client dans la préparation de l’action, notamment en rédigeant la requête en référé précontractuel, en rassemblant les pièces et éléments de preuves et en rédigeant les arguments juridiques appropriés pour soutenir la demande.
Conduite de la procédure : L’avocat veille au respect des délais, des règles de procédure et des exigences légales et réglementaires tout au long de la procédure de référé précontractuel, assurant ainsi que les intérêts de son client sont protégés de manière adéquate.
Représentation en justice : L’avocat représente son client devant le tribunal administratif compétent dans le cadre de la procédure et lors de l’audience.
Un référé précontractuel peut être engagé par les personnes « qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d’être lésées par le manquement invoqué ».
En particulier, le candidat dont l’offre a été rejetée a un intérêt à agir. Il peut s’agir également du concurrent évincé, c’est-à-dire l’entreprise qui n’a pas été en mesure de présenter sa candidature.
Le requérant doit démontrer que les irrégularités commises par l’acheteur sont directement liées au rejet de son offre.
Attention : démontrer un intérêt à agir ne suffit pas. Depuis la jurisprudence Smirgeomes, seul le manquement susceptible de vous avoir lésé peut être utilement invoqué ; un vice sans incidence sur vos chances d'emporter le marché sera écarté. Cette condition, qui décide souvent du sort du recours, est développée dans notre analyse de l'intérêt lésé en référé précontractuel.
Le référé précontractuel doit être obligatoirement introduit avant la signature du contrat.
En procédure formalisée, l’acheteur doit respecter un délai de 16 jours (délai de stand still) entre la notification du rejet de l’offre et la signature du contrat. Ce délai est de 11 jours lorsque la notification est par voie électronique.
C’est durant ce délai que le candidat évincé doit saisir le juge du référé précontractuel.
Attention, en procédure adaptée (MAPA), l’acheteur public n’a pas l’obligation de respecter ce délai, le candidat évincé doit donc agir très rapidement.
Le requérant doit impérativement notifier à l’acheteur public son recours.
Pour cadrer précisément le bon moment d'agir, voir notre guide référé précontractuel : quand agir en marché public ?
Afin de contester la procédure de passation des marchés publics ou des concessions ou encore des délégations de service public, il peut être invoqué dans le cadre d’un référé précontractuel les manquements commis par la personne publique (pouvoir adjudicateur, entité adjudicatrice) :
• Des irrégularités de publicité : avis d’appel public à la concurrence (AAPC) irrégulier, supports de publicité irréguliers ou incomplets, etc…
• Des irrégularités de mise en concurrence : critères ou sous-critères de choix illégaux, changement des critères, erreur dans le jugement des offres, erreur manifeste d’appréciation, refus de l’ancien titulaire du contrat de fournir une information utile à la mise en concurrence, inégalité de traitement entre les candidats, erreur d’appréciation sur la candidature ou l’offre, conditions d’exécution discriminatoires, choix d’une offre irrégulière, etc.
Les autres types d’illégalité ne sont pas sanctionnés par le juge du référé précontractuel.
Plusieurs de ces manquements font l'objet d'une analyse dédiée sur notre site : la dénaturation des offres et son contrôle par le juge, le rejet à tort d'une offre qualifiée d'irrégulière, le cas d'une offre technique jugée non conforme au CCTP, ou encore, en délégation de service public, l'irrégularité d'une offre appréciée sur son contenu effectif .
Le juge du référé précontractuel auprès du Tribunal administratif sanctionne les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence.
Le juge des référés peut :
• Ordonner à l’acheteur public de se conformer à ses obligations ;
• Suspendre la procédure de passation du contrat ou l’exécution de toute décision qui s’y rapporte ;
• Annuler la procédure de passation du contrat ou l’exécution de toute décision qui s’y rapporte, voire supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat.
• Le juge peut annuler une partie seulement de la procédure.
Le juge peut adresser des injonctions à l’acheteur public, l’enjoindre de suspendre l’exécution de toute décision se rapportant à la passation, ou encore prononcer une astreinte provisoire.
Il peut être fait appel d’une ordonnance de référé devant le Conseil d’État.
Dans le cas où le contrat a été déjà signé, il est possible de saisir, sous certaines conditions le juge du référé contractuel ; voire le tribunal d’un recours en contestation de la validité du contrat (Recours Tarn et Garonne).
Dans ce cadre, il est possible d’obtenir la suspension de l’exécution du contrat, voire son annulation.
Il est également possible de former un recours afin d’être indemnisé du préjudice subi en raison de l’éviction irrégulière d’un contrat public.
Pour une vue d'ensemble des voies ouvertes selon le moment d'intervention du juge, consultez notre guide pour contester un marché public ou un appel d'offres, ainsi que notre article dédié au référé contractuel.
Dans un délai qui se compte en jours, l'accompagnement d'un avocat spécialisé en droit de la commande publique fait souvent la différence entre un recours recevable et un recours rejeté. Son rôle couvre toute la chaîne : analyser la procédure et les motifs de rejet, apprécier l'intérêt à agir au regard de la jurisprudence Smirgeomes, sélectionner les moyens réellement opérants — et écarter ceux qui ne prospéreront pas —, rédiger la requête et rassembler les preuves, puis représenter l'entreprise à l'audience devant le juge des référés.
Le tribunal administratif compétent dépend du lieu où l'acheteur public a son siège.
C'est pourquoi le cabinet intervient devant l'ensemble des tribunaux administratifs français, depuis ses bureaux de Paris, Lyon et Lille : que votre litige relève de la juridiction de votre région ou d'un autre ressort, votre dossier est traité sans contrainte de distance.
Le cabinet accompagne aussi bien les entreprises évincées, dans la contestation des procédures de passation, que les acheteurs et maîtres d'ouvrage souhaitant sécuriser leurs consultations en amont — notamment dans le cadre d'une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO). Une procédure vous semble irrégulière ?
Contactez notre équipe sans attendre : chaque jour compte avant la signature.
Le cabinet consacre une série d'analyses aux différentes facettes du référé précontractuel et des recours avant la signature du contrat :
Maître Laurent Bidault est avocat au Barreau de Paris et associé fondateur de Novlaw Avocats. Il intervient en droit public des affaires — droit de la commande publique, marchés publics, concessions et contentieux de la passation (référé précontractuel). Formateur reconnu pour Le Moniteur, La Gazette des Communes et le CFPA, il est l'auteur de trois ouvrages en droit public des affaires et de nombreuses publications spécialisées (Contrats Publics, Le Moniteur du BTP, BJCP).
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Oui. L'article R. 3125-2 du Code de la commande publique impose seize jours entre l'envoi de la notification du rejet et la conclusion du contrat de concession, ramenés à onze jours en cas de transmission électronique à l'ensemble des candidats intéressés. Le candidat évincé d'une concession ou d'une délégation de service public dispose donc de la même fenêtre pour saisir le juge du référé précontractuel.
Le référé précontractuel n'est plus possible, mais le référé contractuel vous est ouvert : le juge peut annuler ou résilier le contrat, en réduire la durée ou infliger une pénalité financière à l'acheteur (article L. 551-20 du Code de justice administrative). Le recours doit être introduit dans les 31 jours de la publication de l'avis d'attribution.
Non. Le délai de standstill se décompte en jours calendaires, de quantième à quantième, sans report au premier jour ouvrable suivant. Si son terme tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l'acheteur peut signer le contrat dès le jour ouvrable suivant : le référé précontractuel doit donc être déposé avant cette échéance.
Non. Le délai de standstill court à compter de la date d'envoi de la notification du rejet par l'acheteur, et non de sa réception par le candidat évincé. Le temps d'acheminement postal est donc consommé sur votre fenêtre d'action, ce qui plaide pour une réaction immédiate dès réception de la lettre de rejet.
Le juge des référés statue en principe dans un délai de vingt jours à compter de sa saisine (article R. 551-5 du Code de justice administrative), au terme d'une instruction contradictoire mais accélérée. Pendant toute cette période, la signature du contrat reste suspendue.
Oui, dès lors qu'une mise en concurrence était requise. Attention toutefois : en MAPA, aucun délai de standstill n'est imposé à l'acheteur ; la signature peut donc intervenir très rapidement après la décision de rejet — sauf s'il s'est lui-même engagé sur un délai dans les documents de la consultation, auquel cas il est tenu de le respecter. Le candidat évincé doit alors agir sans le moindre délai, avant que le contrat ne soit conclu.
Tout tient au moment de l'intervention. Le référé précontractuel s'exerce avant la signature du contrat : c'est le recours le plus efficace, car sa saisine suspend automatiquement la signature. Le référé contractuel, lui, n'est ouvert qu'après la signature, dans des délais stricts (31 jours suivant la publication de l'avis d'attribution, ou 6 mois à défaut) et avec des effets plus limités.
Non. Le juge peut ordonner à l'acheteur de se conformer à ses obligations, suspendre ou annuler tout ou partie de la procédure, mais il ne peut pas attribuer le marché à sa place. La procédure reprise vous rouvre toutefois vos chances de l'emporter.
Le référé précontractuel n'est plus ouvert : place au référé contractuel, au recours en contestation de validité du contrat (recours Tarn-et-Garonne) ou à l'action indemnitaire. Le choix dépend des délais applicables et de la gravité des irrégularités constatées.
C'est vivement recommandé pour reconstituer le raisonnement de l'acheteur et cibler les bons moyens, mais il faut souvent saisir le juge en parallèle, car les informations demandées peuvent arriver après la signature du contrat. Le droit à l'information du candidat évincé est donc une étape clé avant d'agir.
Uniquement des manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence : publicité insuffisante, critères irréguliers, dénaturation des offres, rupture d'égalité de traitement, rejet injustifié d'une offre qualifiée d'irrégulière… Le juge ne rejuge pas la valeur des offres.
Depuis la jurisprudence Smirgeomes, le requérant ne peut invoquer que les manquements susceptibles de l'avoir lésé, c'est-à-dire ayant pu affecter ses chances d'obtenir le marché. Un vice purement théorique est écarté. C'est souvent ce qui fait la différence entre un recours recevable et un recours rejeté.
Le recours doit être introduit avant la signature du contrat. En procédure formalisée, l'acheteur respecte un délai de standstill de 16 jours (11 jours par voie électronique) entre la notification du rejet et la signature : c'est la fenêtre utile pour agir. En procédure adaptée (MAPA), ce délai n'est pas garanti, d'où l'urgence. Nous précisons le bon moment d'agir dans notre guide quand agir en marché public ?

Chaque situation mérite une analyse claire et pragmatique. Le cabinet Novlaw vous accompagne pour sécuriser vos décisions, anticiper les risques et défendre vos intérêts.