
Le mois laissé par le commandement de payer visant la clause résolutoire a expiré sans que le locataire règle sa dette ? La résiliation est acquise, mais elle doit être constatée par le juge pour obtenir l'expulsion. La voie la plus rapide est le référé devant le président du tribunal judiciaire. Vous trouverez ci-dessous un modèle d'assignation à jour du décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026, applicable aux instances introduites depuis le 1er octobre 2026.
Le contentieux du statut des baux commerciaux relève de la compétence exclusive du tribunal judiciaire (article R. 211-3-26 du code de l'organisation judiciaire), et territorialement de celui du lieu de situation de l'immeuble (article R. 145-23 du code de commerce). Le tribunal de commerce ou le tribunal des activités économiques n'est pas compétent, même si les deux parties sont des sociétés commerciales.
Le juge des référés peut constater la résiliation, ordonner l'expulsion et accorder une provision, à condition que la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse (articles 834 et 835 du code de procédure civile). Une contestation sérieuse sur le commandement ou sur le décompte renvoie le bailleur devant le juge du fond : d'où l'importance d'un commandement irréprochable.
Le bail commercial étant une matière de compétence exclusive du tribunal judiciaire, les parties doivent constituer avocat quel que soit le montant de la demande : la dispense de 10 000 euros ne s'applique pas (article 761 du code de procédure civile). L'assignation doit donc mentionner l'avocat du demandeur et le délai dans lequel le défendeur doit constituer avocat.
Le tribunal n'est saisi que par la remise au greffe d'une copie de l'assignation. Lorsque la date d'audience est communiquée plus de quinze jours à l'avance, cette remise doit intervenir au moins quinze jours avant l'audience, à peine de caducité (article 754 du code de procédure civile), règle applicable devant le juge des référés.
Si le fonds de commerce du locataire est grevé d'inscriptions (nantissement, privilège du vendeur), le bailleur doit notifier sa demande aux créanciers inscrits, au domicile élu dans leur inscription. Le juge ne peut statuer qu'un mois après cette notification (article L. 143-2 du code de commerce). C'est l'assignation qui doit être notifiée, pas le commandement. Demandez au commissaire de justice de procéder à ces significations en même temps que l'assignation, et fixez une date d'audience qui laisse ce délai d'un mois.
Le locataire peut demander au juge des délais et la suspension de la clause. Pour les demandes introduites depuis le 28 mai 2026, il doit démontrer sa capacité à régler la dette locative et avoir repris le versement intégral du loyer courant avant la première audience (article L. 145-41 du code de commerce, modifié par l'article 63 de la loi n° 2026-403). Le modèle prévoit une rubrique pour s'y opposer.
Les passages entre crochets sont à compléter ou à adapter.
ASSIGNATION EN RÉFÉRÉ
DEVANT LE PRÉSIDENT DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [VILLE]
Audience du [jour] [date] à [heure] – [salle / chambre des référés]
L'AN [année] ET LE [date]
À LA DEMANDE DE :
La société [dénomination], [forme sociale] au capital de [montant] euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de [ville] sous le numéro [n° RCS], dont le siège social est situé [adresse], prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège [ou : Monsieur / Madame [nom, prénoms], né(e) le [date] à [lieu], de nationalité [nationalité], [profession], demeurant [adresse]],
DEMANDEUR
Ayant pour avocat constitué : Maître [nom], avocat au barreau de [ville], [adresse], [téléphone], [courriel], [toque], chez lequel il est fait élection de domicile,
J'AI, [nom et prénom], commissaire de justice, [adresse de l'étude], soussigné,
DONNÉ ASSIGNATION À :
La société [dénomination], [forme sociale], immatriculée au registre du commerce et des sociétés de [ville] sous le numéro [n° RCS], dont le siège social est situé [adresse], prise en la personne de son représentant légal,
DÉFENDEUR
Où étant et parlant à : [mentions du commissaire de justice]
D'AVOIR À COMPARAÎTRE à l'audience des référés du président du tribunal judiciaire de [ville], [adresse du tribunal], qui se tiendra le [jour] [date] à [heure], [salle].
TRÈS IMPORTANT – MODALITÉS DE COMPARUTION
La présente demande relevant de la compétence exclusive du tribunal judiciaire en matière de baux commerciaux, vous êtes tenu de constituer avocat pour être représenté devant le juge des référés, quel que soit le montant de la demande (articles 760 et 761 du code de procédure civile). Vous devez constituer avocat dans un délai de quinze jours à compter du présent acte ou, si celui-ci vous est délivré quinze jours ou moins avant l'audience, jusqu'à l'audience.
Faute de comparaître, vous vous exposez à ce qu'une décision soit rendue contre vous sur les seuls éléments fournis par votre adversaire, le cas échéant, selon les modalités prévues au troisième alinéa de l'article 472 du code de procédure civile : si le présent acte vous a été remis à personne, le juge pourra, sauf opposition du demandeur, faire droit à la demande dès lors qu'elle est recevable et qu'elle n'est contraire ni à l'ordre public, ni à une liberté protégée, ni à un droit fondamental.
Les pièces sur lesquelles la demande est fondée sont énumérées dans le bordereau annexé à la présente assignation. La présente assignation vaut conclusions (article 56 du code de procédure civile).
OBJET DE LA DEMANDE
Le demandeur sollicite la constatation de la résiliation de plein droit du bail commercial le liant au défendeur par l'effet de la clause résolutoire, l'expulsion du défendeur, ainsi que le paiement de provisions sur l'arriéré locatif et sur l'indemnité d'occupation.
DILIGENCES EN VUE D'UNE RÉSOLUTION AMIABLE
[Décrire les démarches : relances des [dates], mise en demeure du [date], proposition d'échéancier restée sans suite, commandement de payer du [date] (pièces n° [x] et [y]).]
PLAISE AU PRÉSIDENT
I. FAITS
Par acte du [date], le demandeur a donné à bail commercial au défendeur des locaux situés [adresse], pour une durée de [neuf] ans à compter du [date], moyennant un loyer annuel de [montant] euros [HT HC], payable [mensuellement / trimestriellement] et d'avance.
Pièce n° 1 : bail commercial du [date] [et avenants / renouvellement]
Le bail stipule en son article [n°] une clause résolutoire ainsi rédigée : « [reproduire la clause] ».
Le défendeur a cessé de régler ses loyers à compter du [date]. Par acte du [date], le demandeur lui a fait délivrer un commandement de payer la somme de [montant] euros, visant la clause résolutoire et mentionnant le délai d'un mois.
Pièce n° 2 : commandement de payer du [date] et décompte annexé
Ce commandement est demeuré infructueux : à l'expiration du délai d'un mois, soit le [date], [aucun paiement n'est intervenu / seule la somme de [montant] euros a été réglée]. À ce jour, la dette s'élève à [montant] euros, selon le décompte actualisé arrêté au [date].
Pièce n° 3 : décompte actualisé
[Le cas échéant :] Le fonds de commerce exploité dans les lieux est grevé d'inscriptions au profit de [créanciers]. La présente demande leur a été notifiée le [date], conformément à l'article L. 143-2 du code de commerce. [Sinon : L'état des inscriptions délivré le [date] ne révèle aucune inscription.]
Pièces n° 4 et 5 : état des inscriptions et actes de notification
II. DISCUSSION
1. Sur la constatation de la résiliation du bail
Aux termes de l'article L. 145-41 du code de commerce, toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux, le commandement devant, à peine de nullité, mentionner ce délai. En application de l'article 834 du code de procédure civile, le juge des référés peut constater l'acquisition de la clause résolutoire dès lors que la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
En l'espèce, le commandement du [date] vise la clause résolutoire, mentionne le délai d'un mois et détaille les sommes réclamées, qui correspondent aux loyers et charges prévus au bail. Il est resté infructueux. Les conditions de la clause sont donc réunies depuis le [date d'expiration du délai + 1 jour].
2. Sur l'expulsion
Depuis la résiliation, le défendeur occupe les lieux sans droit ni titre, ce qui constitue un trouble manifestement illicite au sens de l'article 835, alinéa 1er, du code de procédure civile. Son expulsion et celle de tous occupants de son chef doivent être ordonnées, au besoin avec le concours de la force publique.
3. Sur les provisions
En application de l'article 835, alinéa 2, du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. La créance locative, établie par le bail, le commandement et le décompte, s'élève à [montant] euros au [date]. Le défendeur est en outre redevable, à compter de la résiliation et jusqu'à la libération effective des lieux, d'une indemnité d'occupation [égale au montant du loyer et des charges / fixée par l'article [n°] du bail à [montant]].
4. Sur une éventuelle demande de délais
En application de l'article L. 145-41 du code de commerce, dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, l'octroi de délais et la suspension des effets de la clause résolutoire pour non-paiement des loyers sont conditionnés à la capacité du preneur à régler la dette locative et à la reprise du versement intégral du loyer courant avant la date de la première audience. [Exposer pourquoi ces conditions ne sont pas réunies : aucun loyer réglé depuis le [date], dette croissante, absence de justificatif de solvabilité.]
5. Sur les frais
Il serait inéquitable de laisser à la charge du demandeur les frais qu'il a dû exposer (articles 696 et 700 du code de procédure civile).
PAR CES MOTIFS
Vu les articles L. 143-2 et L. 145-41 du code de commerce, Vu les articles 834 et 835 du code de procédure civile,
Il est demandé au juge des référés de :
SOUS TOUTES RÉSERVES
BORDEREAU DES PIÈCES ANNEXÉ À LA PRÉSENTE ASSIGNATION
[Coût de l'acte et mentions de signification par le commissaire de justice]
L'ordonnance de référé est exécutoire à titre provisoire. Elle doit être signifiée au locataire, puis le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux avant de procéder à l'expulsion. Si le juge accorde des délais, la clause est suspendue : le moindre manquement à l'échéancier fixé la rend à nouveau efficace, selon les termes de l'ordonnance. Pour l'ensemble de la procédure, consultez notre guide sur les loyers impayés en bail commercial.
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