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3.7.2026

Clause résolutoire dans le bail commercial : définition, fonctionnement et réforme de 2026

Découvrez le fonctionnement de la clause résolutoire du bail commercial : commandement de payer, impayés, expulsion, moyens de défense et réformes du 26 mai 2026
Sommaire
Baptiste Robelin
Baptiste Robelin
Associé fondateur

La clause résolutoire constitue l'une des armes juridiques les plus efficaces dont dispose un bailleur commercial en cas de manquement du locataire à ses obligations. Présente dans la quasi-totalité des baux commerciaux, elle permet d'obtenir la résiliation du bail sans engager une procédure judiciaire au fond particulièrement longue.

Pour le locataire, les conséquences peuvent être considérables : perte du local commercial, perte du droit au renouvellement, expulsion et parfois disparition du fonds de commerce lorsque celui-ci est étroitement lié à son emplacement.

La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a profondément modifié le régime de la clause résolutoire en renforçant les conditions permettant au locataire d'obtenir des délais de paiement. Cette réforme marque un tournant important en faveur des bailleurs.

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la clause résolutoire du bail commercial, son fonctionnement, les moyens de contestation et les conséquences de la réforme de 2026.

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire dans un bail commercial ?

La clause résolutoire est une disposition contractuelle qui prévoit la résiliation automatique du bail lorsqu'une partie ne respecte pas certaines obligations expressément définies par le contrat.

Dans un bail commercial, elle vise principalement les manquements du locataire.

Son régime est encadré par l'article L.145-41 du Code de commerce.

Contrairement à une résiliation judiciaire classique, le bailleur n'a pas à démontrer devant le tribunal que le manquement est suffisamment grave pour justifier la rupture du bail. Lorsque les conditions prévues par la clause sont réunies et que la procédure légale est respectée, le juge se contente en principe de constater l'acquisition de la clause résolutoire.

Quels manquements peuvent déclencher une clause résolutoire ?

Selon la rédaction du bail, la clause résolutoire peut notamment sanctionner :

  • le non-paiement des loyers ;
  • le non-paiement des charges ;
  • le défaut d'assurance ;
  • le non-paiement du dépôt de garantie ;
  • la violation de la clause de destination ;
  • l'exercice d'une activité non autorisée ;
  • la sous-location irrégulière ;
  • la cession du bail réalisée sans respecter les conditions contractuelles ;
  • la réalisation de travaux sans autorisation ;
  • le non-respect des règles de copropriété lorsque le bail les intègre.

En pratique, les contentieux concernent principalement les impayés de loyers.

Pourquoi la clause résolutoire est-elle si importante ?

Une garantie essentielle pour le bailleur

Le bail commercial engage souvent le propriétaire pour une durée de neuf années ou davantage.

La clause résolutoire lui permet de limiter les conséquences financières d'un locataire défaillant.

La clause résolutoire constitue l'une des clauses les plus stratégiques d'un bail commercial. Elle peut entraîner la résiliation du bail et la perte du local en cas de manquement du locataire à certaines obligations contractuelles. L'un des principaux risques d'une signature de bail commercial sans l'assistance d'un avocat réside précisément dans l'acceptation d'une clause résolutoire mal rédigée, juridiquement inefficace ou excessivement déséquilibrée. Une analyse préalable du bail permet de vérifier sa validité, d'identifier les risques qu'elle fait peser sur les parties et, le cas échéant, d'en négocier les termes afin de mieux protéger les intérêts du bailleur ou du locataire.

Un moyen de pression efficace

La délivrance d'un commandement visant la clause résolutoire conduit fréquemment à une régularisation rapide de la situation.

Un outil de valorisation de l'actif immobilier

Un immeuble occupé par un locataire qui ne paie plus ses loyers peut perdre une partie importante de sa valeur économique.

Comment fonctionne la procédure de clause résolutoire ?

La procédure comporte plusieurs étapes obligatoires.

Première étape : le commandement de payer

Le bailleur doit faire délivrer un commandement de payer par commissaire de justice.

Ce commandement doit :

  • viser expressément la clause résolutoire ;
  • reproduire les dispositions de l'article L.145-41 du Code de commerce ;
  • détailler les sommes réclamées ;
  • permettre au locataire de comprendre précisément les manquements qui lui sont reprochés.

La moindre irrégularité peut compromettre la procédure.

Deuxième étape : le délai légal d'un mois

À compter de la signification du commandement, le locataire dispose d'un délai d'un mois pour régulariser intégralement sa situation.

Un paiement partiel est généralement insuffisant.

Troisième étape : l'acquisition de la clause résolutoire

À défaut de régularisation dans le délai imparti, la clause résolutoire est en principe acquise.

Quatrième étape : la saisine du juge

Le bailleur saisit généralement le président du tribunal judiciaire statuant en référé afin :

  • de faire constater l'acquisition de la clause résolutoire ;
  • d'obtenir l'expulsion ;
  • d'obtenir le paiement des loyers et indemnités d'occupation.

La réforme de 2026 : ce qui change concrètement

La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 constitue la réforme la plus importante du régime de la clause résolutoire depuis plusieurs années.

Avant la réforme

Jusqu'en 2026, les juges accordaient régulièrement des délais de paiement à des locataires pourtant en situation financière fragile.

De nombreuses procédures étaient ainsi prolongées pendant plusieurs mois.

Depuis le 26 mai 2026

Le locataire doit désormais satisfaire deux conditions cumulatives.

Condition n°1 : avoir repris le paiement des loyers courants

Le locataire doit démontrer qu'il règle à nouveau les loyers et charges exigibles avant la première audience.

Cette condition constitue une véritable révolution pratique.

Condition n°2 : démontrer sa capacité à rembourser sa dette

Le locataire doit également établir qu'il dispose des ressources nécessaires pour apurer sa dette dans le délai demandé.

Le juge examinera notamment :

  • les bilans ;
  • les comptes annuels ;
  • les relevés bancaires ;
  • les prévisionnels ;
  • les engagements financiers ;
  • la trésorerie disponible.

Quels sont les moyens de défense du locataire ?

Contester le commandement

Le commandement peut être contesté lorsqu'il comporte une irrégularité.

Contester les sommes réclamées

Le locataire peut remettre en cause :

  • certaines charges ;
  • une indexation irrégulière ;
  • des travaux imputés à tort ;
  • des pénalités abusives.

Invoquer un manquement du bailleur

Dans certains cas, le bailleur lui-même a manqué à ses obligations :

  • défaut de délivrance ;
  • troubles de jouissance ;
  • locaux impropres à l'exploitation ;
  • manquement à l'obligation de sécurité.

Solliciter des délais de paiement

Sous réserve des nouvelles conditions légales.

Quels sont les moyens de défense du bailleur ?

C'est un angle rarement traité et très intéressant en SEO.

Vérifier la rédaction du bail

Une clause résolutoire mal rédigée peut devenir inopérante.

Agir rapidement

Plus les impayés s'accumulent, plus les chances de recouvrement diminuent.

Préparer le dossier avant le commandement

Le bailleur doit réunir :

  • le bail ;
  • le décompte de dette ;
  • les mises en demeure ;
  • les justificatifs comptables.

Quelles sont les conséquences de l'acquisition de la clause résolutoire ?

La résiliation du bail

Le contrat prend fin.

La perte du droit au renouvellement

Le locataire ne bénéficie plus de la protection du statut des baux commerciaux.

L'expulsion

Le bailleur peut poursuivre l'expulsion du locataire.

L'indemnité d'occupation

Le locataire demeure redevable d'une indemnité jusqu'à son départ effectif.

La perte du fonds de commerce

Pour un restaurant, un hôtel, un bar ou un commerce de proximité, la disparition du local peut entraîner la disparition de l'activité.

L'expertise de Novlaw Avocats en matière de clause résolutoire et de contentieux des baux commerciaux

La clause résolutoire constitue aujourd'hui l'un des principaux sujets de contentieux en matière de bail commercial. Son activation peut avoir des conséquences considérables pour les parties : perte du local commercial et du fonds de commerce pour le locataire, impayés importants et difficultés de recouvrement pour le bailleur. Fort de sa pratique quotidienne du contentieux commercial et immobilier, le cabinet Novlaw accompagne aussi bien les bailleurs que les locataires à chaque étape de la procédure. Nous intervenons régulièrement pour délivrer ou contester des commandements de payer, analyser la validité d'une clause résolutoire, obtenir ou combattre des demandes de délais de paiement, représenter nos clients devant le juge des référés et conduire les procédures d'expulsion lorsque celles-ci deviennent nécessaires. Notre expérience des litiges liés aux restaurants, hôtels, bars, commerces de proximité et franchises nous permet d'appréhender les enjeux économiques concrets de chaque dossier et de définir rapidement la stratégie la plus efficace. Contrairement à de nombreux conseils qui interviennent uniquement lors de la négociation ou de la signature du bail, nous accompagnons nos clients lorsque les difficultés surviennent et jusqu'à la résolution complète du litige, y compris devant les juridictions commerciales et judiciaires.

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