
Ce qu'il faut retenir : le permis de construire est obligatoire pour toute construction nouvelle et pour certains travaux sur l'existant (article R. 421-1 du code de l'urbanisme), sous réserve des exceptions des articles R. 421-2 à R. 421-12. Un tiers dispose de deux mois pour le contester devant le tribunal administratif, à compter du premier jour d'une période continue d'affichage régulier sur le terrain. Attention : depuis la loi du 26 novembre 2025, le recours gracieux préalable doit être formé dans un délai d'un mois — contre deux mois auparavant — et il ne proroge plus le délai contentieux.
Un permis de construire est une autorisation d’urbanisme délivrée par la commune du lieu de réalisation de la construction projetée.
D’une manière générale, un permis de construire est obligatoire pour toute construction nouvelle, mais également pour certaines constructions existantes (article R. 421-1 du code de l’urbanisme).
Toutefois, un certain nombre d’exceptions sont prévues (articles R. 421-2 à R. 421-12 du code de l’urbanisme).
De même, certaines constructions ne nécessitent qu’une déclaration préalable, en raison notamment de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation (article R. 421-9 à R. 421-12 du code de l’urbanisme).
Au nombre des constructions soumises obligatoirement à l’obtention d’un permis de construire, figurent, par exemple, la construction d’une véranda d’une superficie de plus de 40m2, la construction d’une piscine non-couverte d’une superficie de plus de 10m2, ou encore les travaux d’extension d’un garage dépassant une superficie de plus de 40m2. Il en va de même pour certaines antennes-relais.
En revanche, les travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, ou bien les constructions légères, n’implique pas de solliciter l’octroi d’un permis de construire.
Rappelons que l’affichage du permis de construire est obligatoire (articles A. 424-15 et suivants Code de l’urbanisme). Cette formalité sert avant tout à faire courir le délai de recours à l’égard des tiers qui souhaitent le contester. A défaut, le droit de recours n’est pas enfermé dans un délai de 2 mois.
En tout état de cause, l’affichage doit respecter un certain nombre de prescriptions.
Il doit être fait au moyen d’un panneau rectangulaire d’une dimension minimale de 80 cm par 120 cm.
Parmi les mentions inscrites, doivent figurer le nom du propriétaire, la raison sociale de la société en charge de la construction, le nom de l’architecte, ainsi que la date à laquelle le permis a été délivré.
De plus, le panneau d’affichage doit être lisible, pendant toute la durée des travaux, depuis la voie publique ou tout espace public. La sollicitation d’un huissier peut être pertinent pour faire constater la régularité de l’affichage, et ainsi enfermer le délai de contestation. Pour le détail des mentions obligatoires, voir notre article sur les obligations d'affichage du permis de construire.
La contestation d’un permis de construire doit intervenir dans un délai de 2 mois à compter du premier jour de l’affichage régulier du permis de construire.
A défaut, ou si l’affichage n’est pas régulier, le permis de construire peut faire l’objet d’un recours contentieux pendant toute la durée des travaux, et dans un délai de 6 mois après leur achèvement (article R. 600-3 du code de l’urbanisme).
Ce qui a changé le 28 novembre 2025. La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement a modifié le régime du recours administratif préalable contre une autorisation d'urbanisme. Le délai pour former un recours gracieux ou hiérarchique est ramené à un mois, alors qu'il était de deux mois auparavant, et ce recours ne proroge plus le délai de recours contentieux (article L. 600-12-2 du code de l'urbanisme).
En premier lieu, il reste possible de contester un permis de construire par la voie d’un recours gracieux auprès de l’autorité qui a accordé le permis, à savoir le plus souvent le maire. Ce recours doit désormais être formé dans le délai d'un mois à compter du premier jour de l'affichage régulier.
Mais il n'interrompt plus rien. Le délai de deux mois pour saisir le tribunal administratif continue de courir pendant que le maire instruit la demande — et celui-ci dispose de deux mois pour répondre, son silence valant rejet. Autrement dit, le maire dispose d'un délai de réponse plus long que celui dont vous disposez pour saisir le juge : attendre sa décision revient, en pratique, à laisser le délai contentieux expirer.
C'est la raison pour laquelle, depuis la réforme, la saisine directe du tribunal administratif est devenue l'option à privilégier dans la plupart des situations. Voir notre analyse : le recours gracieux en urbanisme.
En deuxième lieu, il est donc possible — et désormais recommandé — de contester le permis de construire directement devant le Tribunal administratif, dans un délai de 2 mois à compter du premier jour de l'affichage régulier. Sur la procédure et les moyens invocables, voir notre article sur l'annulation d'un permis de construire.
Attention, premièrement, si la contestation intervient en dehors de ces délais (sauf si l’affichage est inexistant ou irrégulier), le recours est irrecevable, qu’il soit gracieux ou contentieux.
Deuxièmement, il faut prendre garde à notifier le recours au bénéficiaire du permis de construire ainsi qu’au maire, dans un délai de 15 jours à compter de la date du dépôt, à peine, là-encore, d’irrecevabilité (article R. 600-1 du code de l'urbanisme).
Attention, le recours contre un permis de construire n’emporte pas l’obligation pour le titulaire de suspendre ses travaux.
Pour ce faire, il peut être formé, auprès du Tribunal administratif, un référé-suspension. Il faut alors démontrer qu’il y a une urgence à suspendre l’exécution de la construction, et qu’il existe doute sérieux quant à la légalité du permis de construire.
La contestation d’un permis de construire est ouverte aux tiers.
D’une manière générale, ce sont les voisins du terrain d’assiette de la construction, mais également une entreprise, une association sous certaines conditions, ou encore le préfet.
Le maire est également en droit de procéder au retrait d’un permis de construire, dans un délai de 3 mois à compter de sa délivrance.
De plus, le tiers qui entend contester le permis de construire doit démontrer que les travaux en cause sont de nature à affecter directement ses conditions d’occupation, d’utilisation de jouissance de ses biens (article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme).
Il n’est possible de se prévaloir de l’irrégularité du permis de construire qu’au regard des règles d’urbanisme en vigueur.
En d’autres termes, le tiers peut, par exemple, invoquer des motifs tirés du code de l’urbanisme ou du PLU.
La conformité d'un projet s'apprécie au regard d'une hiérarchie de documents :
À ces documents s'ajoutent les servitudes d'utilité publique et les législations spéciales susceptibles de s'appliquer au terrain : abords des monuments historiques et sites patrimoniaux remarquables, plan de prévention des risques, plan d'exposition au bruit, loi Littoral, loi Montagne. Ce sont souvent elles, plus que le PLU lui-même, qui commandent la faisabilité d'un projet.
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