
L'ouverture d'un restaurant ou d'un bar est souvent perçue comme un facteur de dynamisme pour un quartier. Toutefois, lorsque l'exploitation de l'établissement génère des nuisances excessives, les relations de voisinage peuvent rapidement se dégrader.
Odeurs persistantes de cuisson, fumées, terrasse bruyante, musique, extracteur d'air mal dimensionné, vibrations des groupes froids, livraisons nocturnes ou attroupements de clientèle : ces nuisances peuvent constituer un trouble anormal de voisinage et engager la responsabilité de l'exploitant.
Le cabinet Novlaw accompagne aussi bien les copropriétés, les bailleurs, les riverains et les syndics que les restaurateurs confrontés à ces problématiques. Notre connaissance du secteur CHR nous permet d'intervenir aussi bien en amont pour prévenir les litiges qu'en contentieux devant les juridictions civiles et administratives.
Les nuisances ne se limitent pas au bruit.
En pratique, les tribunaux sont régulièrement saisis de litiges portant sur :
Plusieurs de ces nuisances peuvent se cumuler et rendre la vie des occupants de l'immeuble particulièrement difficile.
Tous les bruits ou toutes les odeurs ne sont pas interdits.
Le droit français admet que la vie en collectivité implique de supporter certains désagréments.
En revanche, lorsque les nuisances dépassent les inconvénients normaux du voisinage, leur auteur peut être condamné même en l'absence de toute faute.
Depuis la loi du 15 avril 2024, le principe du trouble anormal de voisinage est désormais consacré dans le Code civil. Les juridictions apprécient notamment :
Il ne suffit donc pas qu'un restaurant dispose d'une autorisation administrative pour échapper à toute responsabilité.
Oui.
Les odeurs de friture, de grillades, de cuisson, de charbon de bois ou de cuisine asiatique peuvent constituer un trouble anormal lorsqu'elles sont particulièrement intenses ou répétitives.
Les juridictions prennent notamment en compte :
Dans de nombreuses affaires, les juges ordonnent la réalisation de travaux destinés à améliorer le rejet des fumées ou imposent la création d'un nouveau conduit d'extraction.
Les nuisances sonores peuvent provenir :
Les conversations des clients, les déplacements de mobilier ou les éclats de voix constituent les premières causes de contentieux.
Les établissements diffusant de la musique doivent veiller au respect des règles relatives aux émergences sonores.
Les extracteurs, climatiseurs, ventilateurs ou groupes frigorifiques peuvent produire des nuisances importantes, parfois permanentes.
Les livraisons matinales ou nocturnes peuvent également caractériser un trouble lorsqu'elles perturbent le sommeil des riverains.
Les règles applicables aux extractions des restaurants sont régies en grande partie par le règlement départemental sanitaire du lieu de situation de l’établissement. L’une des principales sources de contentieux dans la restauration vient précisément du non-respect de ces normes.
Une extraction mal conçue peut provoquer :
Avant toute installation, il est indispensable d'étudier :
Une mauvaise anticipation conduit fréquemment à des procédures longues et coûteuses.
Plusieurs solutions existent.
Un échange avec l'exploitant permet parfois d'obtenir des aménagements techniques ou une modification des horaires. Le recours à un conciliateur de justice peut être intéressant : la conciliation est gratuite et permet souvent de trouver des solutions amiables pour éviter une procédure.
Le recours à un commissaire de justice constitue souvent une preuve particulièrement efficace. Des mesures acoustiques ou des expertises techniques peuvent également être nécessaires. L’avocat en charge du dossier pourra constater un commissaire de justice afin d’organiser ces différents constats, au moment le plus stratégique.
Il est conseillé d’adresser au préalable une lettre d’avocats afin de mettre en demeure le restaurateur de cesser les troubles qu’il génère. Il n’est pas rare que le restaurateur, face au risque de procès, prenne immédiatement des mesures de nature à faire cesser les nuisances qu’il génère.
Lorsque le restaurant est situé dans un immeuble soumis au statut de la copropriété, le syndic peut intervenir pour faire respecter le règlement de copropriété. Le fait d’agir via le syndic permet en outre de minimiser les frais pour la victime des troubles, grâce à une action collective de la part de l’ensemble des copropriétaires.
Si les nuisances persistent, la victime pourra naturellement saisir le tribunal afin de demander la fermeture du restaurant dans les cas les plus graves. Dans tous les cas, il est vivement conseillé de débuter la procédure par une expertise judiciaire.
Lorsque les démarches amiables, les mises en demeure ou les interventions administratives demeurent sans effet, la victime de nuisances provoquées par un restaurant peut saisir le tribunal judiciaire afin d'obtenir la cessation des troubles.
Le juge dispose de pouvoirs étendus et peut notamment :
Avant d'engager une action au fond, il est généralement recommandé de solliciter la désignation d'un expert judiciaire dans le cadre d'une procédure de référé fondée sur l'article 145 du Code de procédure civile.
Ce texte permet au juge d'ordonner une mesure d'instruction lorsqu'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige futur.
L'expert judiciaire aura notamment pour mission :
Dans les litiges opposant des riverains à des restaurants, bars ou établissements de nuit, cette expertise constitue souvent un élément déterminant pour la réussite de l'action judiciaire.
L'article 145 du Code de procédure civile suppose que la mesure d'expertise soit sollicitée avant toute saisine du juge du fond.
Une victime qui engagerait directement une action en responsabilité sans disposer d'éléments techniques suffisamment solides s'expose au risque de voir sa demande rejetée faute de preuve suffisante des nuisances alléguées.
En pratique, le rapport d'expertise judiciaire permet de transformer des nuisances ressenties comme subjectives en constatations techniques objectives sur lesquelles le tribunal pourra s'appuyer pour rendre sa décision.
L'expertise judiciaire doit être complétée par un ensemble d'éléments probatoires permettant de démontrer la réalité et la répétition des troubles.
Peuvent notamment être produits :
Plus les preuves sont nombreuses, objectives et concordantes, plus les chances d'obtenir la condamnation de l'établissement responsable sont importantes.
L'expérience montre que les dossiers les plus solides sont ceux qui combinent plusieurs modes de preuve, et en particulier un rapport d'expertise judiciaire accompagné de constats de commissaire de justice. Cette approche permet de démontrer au tribunal que les nuisances dépassent les inconvénients normaux du voisinage et justifient une intervention judiciaire.
Dans certains cas, oui.
Lorsque l'activité méconnaît le règlement de copropriété ou provoque des troubles anormaux de voisinage, le syndicat des copropriétaires peut agir en justice.
Selon les circonstances, il pourra demander :
A noter que si le restaurateur peut demander à la copropriété l’installation d’une extraction, la copropriété est parfaitement fondée à refuser.
Le refus par la copropriété d’installer une extraction dans l’immeuble sera notamment considéré comme justifié et légitime :
Les contentieux liés aux nuisances des restaurants sont particulièrement techniques.
Ils supposent de maîtriser simultanément :
Le cabinet Novlaw intervient régulièrement dans ces dossiers, aussi bien pour assister les copropriétés, bailleurs et riverains souhaitant faire cesser les nuisances que pour défendre les restaurateurs et les accompagner dans la mise en conformité de leur établissement.
Notre expérience des établissements CHR nous permet d'anticiper les difficultés techniques et juridiques afin de rechercher des solutions pérennes, conciliant les intérêts des exploitants et ceux du voisinage.
Novlaw vous accompagne pour sécuriser votre bail commercial à chaque étape : négociation, rédaction, exécution et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.