
La garantie de passif est l’une des clauses les plus importantes lors d’une cession de société. Elle permet à l’acquéreur d’être protégé contre la découverte de dettes, d’engagements ou de risques qui existaient avant la vente mais qui n’étaient pas identifiés au moment de la signature.
Pour le vendeur, elle constitue souvent un sujet de négociation majeur puisqu’elle peut l’obliger à indemniser l’acquéreur plusieurs années après la cession.
Alors, qu’est-ce qu’une garantie de passif ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelle est sa durée ? Quelles sont les clauses à négocier ? Et est-elle obligatoire ?
Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la garantie de passif dans le cadre d’une cession d’entreprise.
La garantie de passif est un engagement contractuel pris par le vendeur d’une société au profit de l’acquéreur.
Elle prévoit que si un passif antérieur à la vente apparaît après la cession, le vendeur devra indemniser l’acquéreur.
Concrètement, l’acquéreur rachète une société sur la base d’une situation financière donnée. Si cette situation se révèle inexacte après la vente en raison de dettes non déclarées ou insuffisamment provisionnées, la garantie de passif permet de rétablir l’équilibre économique de l’opération.
La garantie de passif est généralement intégrée dans l’acte de cession des titres ou dans une convention spécifique appelée convention de garantie d’actif et de passif (GAP).
L'acquéreur d'une société reprend l'intégralité de son histoire.
Contrairement à une cession de fonds de commerce, où l'acquéreur n'achète que les actifs composant le fonds, l'acquisition des titres d'une société entraîne la reprise de tous les actifs mais également de l'ensemble des passifs existants ou futurs. C'est d'ailleurs l'une des différences essentielles entre cession de fonds de commerce et cession de société.
Or certains risques ne sont pas toujours visibles lors des audits préalables :
La garantie de passif vise précisément à couvrir ces risques.
Elle constitue donc un mécanisme essentiel de protection de l'acquéreur.
Dans le langage courant, les deux expressions sont souvent utilisées comme synonymes.
Juridiquement, une distinction existe pourtant.
Elle couvre uniquement l'apparition ou l'aggravation d'un passif antérieur à la cession.
Exemple :
Après la vente, l'administration fiscale notifie un redressement portant sur une période antérieure à la cession.
Le vendeur indemnise l'acquéreur.
Elle couvre à la fois :
Exemple :
Un stock présenté comme valant 300 000 euros ne vaut en réalité que 100 000 euros.
L'acquéreur pourra solliciter une indemnisation.
La garantie d'actif et de passif offre donc une protection plus large.
La liste varie selon les opérations.
Les garanties couvrent fréquemment :
Il s'agit du risque le plus classique.
Peuvent notamment être couverts :
La garantie peut couvrir :
Il peut s'agir :
Certains secteurs exposés nécessitent des garanties spécifiques, notamment :
Lorsqu'un risque garanti se matérialise après la cession, l'acquéreur notifie le vendeur.
Cette notification doit généralement respecter une procédure prévue dans la convention :
Une fois le passif établi, le vendeur verse l'indemnité prévue.
Dans certaines opérations, une partie du prix de vente est placée sous séquestre afin de garantir l'exécution de la garantie.
La garantie de passif n'est pas illimitée.
Les parties prévoient généralement des durées différentes selon les risques.
Souvent entre trois et cinq ans.
Généralement trois ans.
Certaines garanties peuvent être prolongées lorsque les délais légaux de prescription sont plus importants.
Chaque opération doit faire l'objet d'une analyse spécifique.
Le vendeur cherche naturellement à limiter son exposition.
Les conventions prévoient donc fréquemment :
Aucune indemnisation n'est due en dessous d'un certain montant.
Exemple :
La garantie ne joue qu'au-delà de 10 000 euros de préjudice.
Une partie du dommage reste à la charge de l'acquéreur.
Le montant total pouvant être réclamé est limité.
Selon les opérations, ce plafond peut représenter :
La négociation de ces plafonds constitue un enjeu majeur.
Non.
Aucun texte n'impose la mise en place d'une garantie de passif.
En pratique toutefois, elle est quasiment systématique lors d'une cession de société.
Un acquéreur acceptera rarement d'acheter des titres sans bénéficier d'une protection contractuelle.
À l'inverse, la garantie de passif n'est généralement pas utilisée dans les cessions de fonds de commerce puisque les dettes du vendeur ne sont en principe pas transmises à l'acquéreur.
Oui.
Cela reste possible lorsque :
Toutefois, cette situation demeure relativement rare.
Dans la plupart des opérations, la garantie de passif constitue l'un des éléments essentiels de la négociation.
La rédaction d'une garantie de passif nécessite une expertise particulière.
Une clause mal rédigée peut conduire :
Chez Novlaw Avocats, nous accompagnons régulièrement vendeurs et acquéreurs dans le cadre de cessions d'entreprises, de sociétés, de fonds de commerce, de restaurants, d'hôtels et de commerces de toute taille. Notre expérience du contentieux commercial nous permet d'identifier les principaux risques susceptibles d'apparaître après une cession et de négocier des garanties adaptées à chaque opération. L'objectif est double : sécuriser l'acquéreur tout en limitant l'exposition du vendeur à des réclamations excessives ou imprécises.
Non. Elle n'est pas imposée par la loi mais elle est très fréquente lors des cessions de sociétés.
La durée varie généralement entre trois et cinq ans selon les risques couverts.
Oui, lorsqu'ils trouvent leur origine dans une situation antérieure à la cession et que la convention le prévoit.
En principe non. Les dettes du vendeur ne sont pas transmises à l'acquéreur d'un fonds de commerce, sauf exceptions particulières.
Novlaw vous accompagne pour sécuriser votre bail commercial à chaque étape : négociation, rédaction, exécution et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.