
Lorsqu'un propriétaire souhaite vendre un local commercial loué, le locataire bénéficie dans certains cas d'un droit de préemption lui permettant d'acheter le bien en priorité. Introduit par la loi Pinel, ce mécanisme vise à protéger le commerçant ou l'artisan installé dans les lieux.
Toutefois, ce droit n'est pas absolu. De nombreuses exceptions existent et la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 est venue préciser son champ d'application afin de limiter certains contentieux.
Dans quels cas le locataire dispose-t-il d'un droit de priorité ? Quand ce droit est-il exclu ? Quelles conséquences en cas de non-respect de la procédure ? Voici tout ce qu'il faut savoir.
Le droit de préemption du locataire commercial est prévu par l'article L.145-46-1 du Code de commerce.
Lorsqu'un bailleur décide de vendre le local commercial dans lequel est exploité le fonds de commerce du locataire, il doit en principe proposer en priorité l'acquisition à ce dernier.
Le locataire bénéficie ainsi d'un véritable droit de préférence avant toute vente à un tiers.
L'objectif est de permettre au commerçant de sécuriser durablement son exploitation en devenant propriétaire des murs.
Le bailleur doit notifier au locataire :
Cette notification vaut offre de vente.
Le locataire dispose ensuite d'un délai d'un mois pour accepter l'offre.
En cas de recours à un financement bancaire, il bénéficie d'un délai supplémentaire pour réaliser l'opération.
À défaut de réponse dans le délai légal, le locataire est réputé avoir renoncé à son droit de préemption.
La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a profondément clarifié le champ d'application du droit de préemption.
Avant cette réforme, la notion de local commercial ou artisanal faisait l'objet de nombreuses incertitudes.
Le législateur a désormais défini plus précisément les locaux pouvant bénéficier du dispositif.
Sont principalement concernés :
À l'inverse, certains locaux qui faisaient auparavant l'objet de débats sont désormais clairement exclus.
Non.
Depuis la réforme du 26 mai 2026, les locaux exclusivement affectés à une activité de bureau sont exclus du dispositif.
Le locataire exerçant une activité de conseil, de gestion ou une profession libérale dans des bureaux ne bénéficie donc pas du droit de préemption prévu par l'article L.145-46-1 du Code de commerce.
La réforme du 26 mai 2026 a également clarifié la situation des entrepôts et locaux principalement destinés au stockage.
Dans la plupart des cas, ces locaux ne relèvent plus du champ d'application du droit de préemption.
Cette clarification vise à réduire les contentieux qui existaient depuis plusieurs années sur la qualification de certains immeubles mixtes.
Même lorsqu'un local est éligible au dispositif, la loi prévoit plusieurs exceptions.
Le droit de préemption ne s'applique pas lorsque le propriétaire vend l'intégralité d'un immeuble comprenant plusieurs locaux.
Cette exception a été récemment confirmée par la Cour de cassation.
La préemption est exclue lorsque la vente intervient au profit :
H3 Vente unique de plusieurs locaux commerciaux
Le droit de préemption peut également être écarté lorsque plusieurs locaux sont cédés simultanément dans le cadre d'une opération globale.
Certaines opérations sociétaires ou patrimoniales peuvent également échapper au dispositif.
Le non-respect de la procédure peut entraîner de lourdes conséquences.
Le locataire peut notamment :
La sécurisation de la procédure est donc essentielle avant toute cession de murs commerciaux.
Par plusieurs arrêts récents, la Cour de cassation a confirmé que le droit de préemption du locataire commercial n'a pas vocation à s'appliquer lorsqu'un propriétaire procède à la vente d'un immeuble dans son ensemble.
Cette solution s'inscrit dans la logique de la réforme du 26 mai 2026 : réserver le droit de préemption aux hypothèses strictement prévues par la loi et éviter une extension excessive du dispositif.
La vente d'un local commercial implique aujourd'hui de vérifier plusieurs points essentiels : nature des locaux, existence d'un droit de préemption, modalités de notification, exceptions applicables et risques contentieux.
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