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8.7.2026

Comment récupérer une facture impayée ? Guide juridique complet du recouvrement de créances

Votre client refuse de payer une facture ? Découvrez toutes les procédures de recouvrement : mise en demeure, injonction de payer, référé-provision, saisies, prescription et procédures collectives. Guide complet par un avocat en recouvrement de créances.
Sommaire
Baptiste Robelin
Baptiste Robelin
Associé fondateur

Le non-paiement d'une facture constitue l'une des principales causes de difficultés de trésorerie pour les entreprises. Selon la taille de la structure, quelques factures impayées peuvent suffire à compromettre des investissements, retarder le paiement des fournisseurs ou créer des tensions de trésorerie importantes.

Pourtant, de nombreux créanciers commettent encore des erreurs qui compliquent considérablement le recouvrement de leurs créances : absence de mise en demeure, relances tardives, dossier de preuve insuffisant, prescription de l'action ou choix d'une procédure inadaptée.

Le droit français offre pourtant plusieurs mécanismes efficaces permettant d'obtenir le paiement d'une facture impayée, qu'il s'agisse d'un recouvrement amiable ou judiciaire.

Encore faut-il identifier la procédure la plus adaptée à la situation du débiteur et agir avant qu'il ne soit trop tard.

Vérifier que la créance est juridiquement recouvrable

Avant d'engager toute démarche, il convient de s'assurer que la créance répond aux conditions exigées par la jurisprudence et les textes applicables.

Une créance recouvrable doit être :

Une créance certaine

La dette ne doit pas être hypothétique.

Le créancier doit pouvoir démontrer l'existence d'un engagement du débiteur.

Cette preuve peut résulter :

  • d'un contrat ;
  • d'un devis signé ;
  • des conditions générales de vente ;
  • d'un bon de commande ;
  • d'un échange de courriels ;
  • d'une reconnaissance de dette ;
  • d'un bon de livraison ;
  • d'une facture acceptée ou non contestée.

En matière commerciale, la preuve est libre entre commerçants conformément à l'article L.110-3 du Code de commerce.

Une créance liquide

Le montant de la créance doit être déterminé ou déterminable.

La facture doit ainsi permettre d'identifier précisément les sommes réclamées.

Une créance exigible

La date d'échéance doit être dépassée.

Une facture dont le délai de paiement n'est pas encore arrivé à son terme ne peut naturellement pas faire l'objet d'une action en recouvrement.

Constituer un dossier de preuve complet

L'un des principaux motifs d'échec des procédures de recouvrement réside dans l'insuffisance des preuves produites par le créancier.

Avant toute action, il est recommandé de réunir :

  • le devis signé ;
  • les conditions générales de vente ;
  • le contrat ;
  • les bons de commande ;
  • les bons de livraison ;
  • les procès-verbaux de réception ;
  • les échanges de courriels ;
  • les relances déjà adressées ;
  • les factures ;
  • les relevés de compte.

Cette phase préparatoire est essentielle.

Une créance parfaitement justifiée permet souvent d'obtenir rapidement une condamnation judiciaire.

Agir rapidement : attention à la prescription

De nombreuses créances deviennent irrécouvrables faute d'avoir été réclamées dans les délais.

L'article L.110-4 du Code de commerce prévoit que les obligations nées à l'occasion du commerce entre commerçants ou entre commerçants et non-commerçants se prescrivent en principe par cinq ans.

Le délai court généralement à compter de la date d'exigibilité de la facture.

Certaines causes peuvent toutefois interrompre ou suspendre la prescription :

  • reconnaissance de dette ;
  • paiement partiel ;
  • assignation en justice ;
  • mesure conservatoire ;
  • médiation ou conciliation dans certains cas.

Une analyse précise de la situation est souvent nécessaire lorsque plusieurs années se sont écoulées depuis l'émission de la facture.

Mettre en demeure le débiteur

La mise en demeure constitue généralement la première étape formelle du recouvrement.

Au-delà de son rôle psychologique, elle produit plusieurs effets juridiques importants.

Elle permet notamment :

  • de caractériser officiellement le retard de paiement ;
  • de faire courir les intérêts moratoires lorsqu'ils ne couraient pas déjà ;
  • de démontrer la mauvaise foi éventuelle du débiteur ;
  • de préparer une future procédure judiciaire.

La mise en demeure doit être suffisamment précise pour permettre au débiteur de connaître l'étendue exacte de son obligation.

Elle mentionnera généralement :

  • l'origine de la créance ;
  • le numéro de facture ;
  • le montant dû ;
  • les pénalités applicables ;
  • le délai laissé pour payer ;
  • les suites judiciaires envisagées en cas d'absence de règlement.

L'envoi par lettre recommandée avec accusé de réception demeure recommandé, même si d'autres modes de notification peuvent être admis.

Réclamer les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de recouvrement

En matière de relations entre professionnels, le retard de paiement ouvre droit à plusieurs accessoires de la créance.

Les pénalités de retard

Les conditions générales de vente doivent normalement prévoir un taux de pénalités de retard.

À défaut, des intérêts peuvent être réclamés conformément aux dispositions légales applicables.

L'indemnité forfaitaire de 40 euros

L'article D.441-5 du Code de commerce prévoit une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros due de plein droit pour chaque facture payée en retard.

Cette indemnité est automatiquement exigible dès le premier jour de retard.

Les frais complémentaires

Lorsque les frais réellement exposés dépassent 40 euros, le créancier peut solliciter une indemnisation complémentaire sur justification.

Faire intervenir un avocat : un levier de négociation souvent décisif

Dans de nombreux dossiers, l'intervention d'un avocat spécialisé en recouvrement de créances suffit à débloquer la situation.

Un courrier d'avocat présente plusieurs avantages :

  • il démontre la détermination du créancier ;
  • il rappelle précisément les risques judiciaires encourus ;
  • il permet d'évaluer la solvabilité du débiteur ;
  • il prépare immédiatement la phase contentieuse.

L'avocat peut également négocier un protocole d'accord ou un échéancier sécurisé.

L'injonction de payer : la procédure la plus utilisée

Prévue par les articles 1405 et suivants du Code de procédure civile, l'injonction de payer constitue souvent la procédure privilégiée pour les créances commerciales.

Conditions

Le créancier doit démontrer :

  • l'existence de la créance ;
  • son montant ;
  • son exigibilité.

Fonctionnement

La demande est présentée sans audience.

Le juge examine uniquement les pièces produites.

S'il estime la demande fondée, il rend une ordonnance portant injonction de payer.

Le débiteur dispose alors d'un délai pour former opposition.

En l'absence d'opposition, l'ordonnance devient exécutoire.

Avantages

  • coût réduit ;
  • rapidité ;
  • procédure simplifiée ;
  • absence d'audience dans un premier temps.

Le référé-provision : une arme redoutable contre les mauvais payeurs

Lorsque la créance n'est pas sérieusement contestable, le créancier peut saisir le juge des référés sur le fondement de l'article 835 du Code de procédure civile.

Le juge peut alors accorder une provision correspondant à tout ou partie de la dette.

Cette procédure présente un intérêt majeur :

elle permet souvent d'obtenir une décision exécutoire en quelques semaines seulement.

Le référé-provision est particulièrement adapté :

  • aux factures non contestées ;
  • aux reconnaissances de dette ;
  • aux créances résultant de contrats parfaitement exécutés.

Obtenir des mesures conservatoires avant même le jugement

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à attendre la décision de justice avant d'agir.

Lorsque le risque d'insolvabilité du débiteur est réel, il peut être opportun de solliciter des mesures conservatoires.

Le créancier peut notamment obtenir :

  • une saisie conservatoire de comptes bancaires ;
  • une saisie de véhicules ;
  • une saisie de matériel professionnel ;
  • une inscription d'hypothèque judiciaire provisoire.

Ces mesures permettent d'éviter l'organisation frauduleuse de l'insolvabilité du débiteur pendant la procédure.

Faire exécuter la décision de justice

Une fois le titre exécutoire obtenu, le commissaire de justice peut procéder à différentes mesures d'exécution.

La saisie-attribution

Elle permet de bloquer immédiatement les sommes présentes sur les comptes bancaires du débiteur.

La saisie-vente

Elle porte sur les biens mobiliers du débiteur.

La saisie des créances

Elle permet notamment de saisir les sommes dues au débiteur par ses propres clients.

Les procédures immobilières

Dans les dossiers les plus importants, une saisie immobilière peut être envisagée.

Que faire si le débiteur est en redressement ou liquidation judiciaire ?

La situation change radicalement lorsqu'une procédure collective est ouverte.

Le créancier ne peut plus agir librement.

Il doit déclarer sa créance entre les mains du mandataire judiciaire dans les délais légaux.

À défaut de déclaration, il risque de perdre son droit de participer aux répartitions.

Une surveillance régulière de la situation juridique du débiteur est donc essentielle.

Comment éviter les impayés ?

La prévention reste le meilleur outil de recouvrement.

Il est recommandé de :

  • faire signer systématiquement les devis ;
  • utiliser des conditions générales de vente adaptées ;
  • prévoir des acomptes ;
  • vérifier la solvabilité des nouveaux clients ;
  • mettre en place des garanties de paiement ;
  • réagir immédiatement aux premiers retards.

Plus une créance vieillit, plus ses chances de recouvrement diminuent.

L'accompagnement de Novlaw Avocats en matière de recouvrement de créances

Le cabinet Novlaw Avocats accompagne les entreprises confrontées à des factures impayées à tous les stades du recouvrement.

Notre pratique du contentieux commercial nous permet d'intervenir aussi bien dans le cadre de négociations amiables que devant les juridictions commerciales et civiles.

Nous assistons régulièrement nos clients pour :

  • les mises en demeure ;
  • les injonctions de payer ;
  • les référés-provision ;
  • les mesures conservatoires ;
  • les saisies ;
  • les déclarations de créances ;
  • les contentieux commerciaux complexes.

L'objectif est simple : obtenir le paiement le plus rapidement possible tout en sécurisant juridiquement les droits du créancier.

Un projet ou un litige, contactez-nous

Novlaw vous accompagne pour sécuriser votre bail commercial à chaque étape : négociation, rédaction, exécution et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.