
Depuis le 1er janvier 2025, le tribunal des activités économiques (TAE) est compétent, dans 12 juridictions expérimentales, pour connaître de certaines procédures concernant les entreprises, les associations, les exploitants agricoles et les professions libérales non réglementées. Mais comment saisir le tribunal des activités économiques ? Quelle procédure faut-il suivre ? Quels documents préparer ? Quels sont les délais, les coûts et les erreurs à éviter ?
Que vous soyez dirigeant, commerçant, créancier ou débiteur, il est essentiel d'identifier la juridiction compétente avant d'engager une action. Ce guide détaille les conditions de saisine du TAE, les différentes procédures possibles, les pièces à réunir ainsi que les règles issues de l'expérimentation prévue jusqu'au 31 décembre 2028.
Le TAE n'est pas une nouvelle juridiction créée sur l'ensemble du territoire : il s'agit du nom donné, à titre expérimental et pour une durée de quatre ans (du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028), à 12 tribunaux de commerce désignés par l'arrêté du 5 juillet 2024 : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.
Dans le ressort de ces 12 juridictions seulement, le tribunal de commerce devient tribunal des activités économiques et voit sa compétence élargie. Partout ailleurs en France, le tribunal de commerce conserve son nom et ses règles habituelles de compétence.
Il convient de distinguer deux blocs de compétence, car ils ne reposent pas sur les mêmes textes.
Comme tout tribunal de commerce, et conformément à l’article L. 721-3 du Code de commerce, le TAE est compétent pour :
Cette compétence n'est pas propre à l'expérimentation : elle existe de la même manière devant n'importe quel tribunal de commerce en France. Un litige portant sur une facture impayée, une rupture de relations commerciales établies, un contrat de distribution ou un conflit entre associés d'une société commerciale relève de cette compétence ordinaire, que le tribunal saisi soit ou non l'une des 12 juridictions expérimentales.
À noter : les artisans ne sont pas des commerçants au sens juridique. Un litige les impliquant relève en principe du tribunal judiciaire, sauf s'il porte sur un acte de commerce ou oppose un artisan à un commerçant sur une opération commerciale.
C'est ici que se situe la véritable nouveauté du TAE. Pendant la durée de l'expérimentation, et quels que soient le statut et l'activité du débiteur (sociétés civiles, associations, exploitants agricoles, professions libérales non réglementées comprises), le TAE devient seul compétent pour :
Seule exception : les professions réglementées du droit (avocats, notaires, commissaires de justice, etc.), qui relèvent toujours du tribunal judiciaire en application de l'article L. 722-6-1, alinéa 2, du Code de commerce.
Avant la réforme, ces procédures relevaient du tribunal de commerce pour les sociétés commerciales et du tribunal judiciaire pour les autres acteurs (associations, agriculteurs, professions libérales). L'expérimentation unifie ce contentieux devant une seule juridiction, dans les 12 ressorts concernés.
L'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de commerce ou le TAE, quel que soit le montant en jeu — contrairement au tribunal judiciaire, où la représentation par avocat est requise au-delà de 10 000 €. Une personne morale peut être représentée par un salarié ou un mandataire muni d'un pouvoir. Pour les procédures collectives et amiables, techniques et à fort enjeu, l'accompagnement d'un avocat reste néanmoins vivement conseillé.
Deux vérifications s'imposent :
Pour les demandes en paiement d'une somme n'excédant pas 5 000 €, l'article 750-1 du Code de procédure civileimpose, à peine d'irrecevabilité, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative, sauf motif légitime (indisponibilité de conciliateur, urgence, matière nécessitant une décision rapide, etc.). Ce point est trop souvent négligé et constitue une cause fréquente d'irrecevabilité.
L'assignation : mode de droit commun pour les litiges contentieux relevant de la compétence classique. Elle est délivrée par un commissaire de justice puis placée au greffe (articles 54 et 56 CPC).
La requête conjointe : lorsque les parties s'accordent pour soumettre ensemble leur différend au tribunal (article 57 CPC).
La requête (ou déclaration au greffe) : utilisée notamment pour l'ouverture d'une procédure collective, à l'initiative du débiteur (déclaration de cessation des paiements, article L. 631-4 C. com.), d'un créancier ou du ministère public.
Les documents nécessaires
Un dossier complet limite les rejets et les renvois. Il comprend généralement :
Une fois la juridiction saisie selon le mode adapté :
Si la représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal des activités économiques, elle constitue souvent un atout déterminant en matière de contentieux commercial et de procédures collectives. La qualification juridique du litige, le choix de la juridiction compétente, le respect des formalités procédurales et la constitution d'un dossier probatoire solide peuvent avoir une incidence directe sur l'issue du dossier.
Novlaw accompagne les entreprises, dirigeants, commerçants, créanciers, associations et exploitants agricoles dans la prévention et le règlement des litiges commerciaux. Le cabinet intervient notamment en matière de recouvrement de créances, d'exécution des contrats commerciaux, de conflits entre associés, de responsabilité des dirigeants, de procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaires, ainsi que dans les contentieux liés aux contrats de distribution et de franchise.
De l'analyse préalable du dossier jusqu'à la représentation devant le tribunal des activités économiques et, le cas échéant, devant la cour d'appel, Novlaw élabore une stratégie contentieuse adaptée aux enjeux économiques de chaque affaire afin de défendre efficacement les intérêts de ses clients.
Savoir comment saisir le tribunal des activités économiques suppose avant tout de distinguer sa compétence commerciale classique, identique à celle de tout tribunal de commerce, de sa compétence élargie et expérimentale en matière de procédures amiables et collectives, limitée à 12 juridictions et à une durée de quatre ans. Une qualification juridique rigoureuse du litige, le respect des délais de prescription et des formalités préalables (tentative amiable, mise en demeure), ainsi qu'une anticipation des coûts — y compris de la nouvelle contribution pour la justice économique — conditionnent la réussite de la procédure.
Pour sécuriser votre saisine et adapter votre stratégie contentieuse à la juridiction réellement compétente, l'accompagnement d'un avocat en droit des affaires reste un atout déterminant.
Non. Seuls 12 tribunaux de commerce sont concernés par l'expérimentation, pour une durée de quatre ans (2025-2028) : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles. Ailleurs, le tribunal de commerce reste compétent selon les règles habituelles.
Le TAE ne modifie pas la compétence commerciale ordinaire (litiges entre commerçants, actes de commerce). Sa nouveauté tient à l'unification, devant une seule juridiction, des procédures de prévention et des procédures collectives pour tous les acteurs économiques, y compris les associations, exploitants agricoles et professions libérales non réglementées.
Oui, par la voie du référé (articles 872 et 873 CPC), lorsque l'urgence ou un trouble manifestement illicite le justifie.
Non, la représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de commerce ou le TAE, quel que soit le montant de la demande. Elle reste toutefois recommandée pour les dossiers complexes, notamment en matière de procédures collectives.
Il s'agit d'une taxe expérimentale, due par le demandeur, instaurée par le décret n° 2024-1225 du 30 décembre 2024, plafonnée à 5 % des demandes cumulées et à 100 000 €.
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