
Un conflit entre associés peut rapidement compromettre le fonctionnement d’une société : décisions bloquées, perte de confiance, accusations de fautes de gestion, désengagement opérationnel, concurrence déloyale ou utilisation contestée des ressources de l’entreprise.
Lorsque la société est détenue à parts égales, la situation est encore plus délicate. Aucun associé ne peut imposer seul une décision et le désaccord peut conduire à une véritable paralysie de la gouvernance.
Avocat associé fondateur de Novlaw et responsable de l’équipe droit des affaires, Me Baptiste Robelin accompagne depuis de nombreuses années des associés, dirigeants et entreprises confrontés à des contentieux commerciaux complexes.
Son expérience des procédures judiciaires, mais également des négociations précontentieuses, lui permet d’appréhender ces dossiers dans toutes leurs dimensions : juridiques, financières, opérationnelles et humaines.
Selon Me Baptiste Robelin, engager immédiatement une procédure judiciaire au fond n’est pas toujours la solution la plus efficace. Une stratégie préparée en amont peut permettre de préserver les preuves, de rééquilibrer le rapport de force et de créer les conditions d’une sortie négociée.
Fruit de cette pratique du contentieux commercial, voici les sept réflexes qu’il recommande d’adopter en cas de conflit entre associés.
Avant d’engager une procédure, il est indispensable de déterminer ce que l’associé souhaite réellement obtenir.
Plusieurs objectifs peuvent être envisagés :
Pour Me Baptiste Robelin, la stratégie judiciaire doit toujours servir un objectif économique clairement identifié.
Engager une procédure sans avoir déterminé le résultat recherché peut conduire à une multiplication des actions, à une augmentation des coûts et à une aggravation du conflit, sans apporter de solution concrète à l’entreprise.
Avant toute initiative, il convient d’identifier précisément les droits et les obligations de chaque associé.
Cette analyse doit notamment porter sur :
Un pacte d’associés peut prévoir des dispositifs spécifiques, tels qu’une médiation préalable, une promesse de cession, une clause d’offre alternative ou une procédure de sortie conjointe.
L’examen des documents sociaux permet également de déterminer les pouvoirs dont dispose chaque dirigeant et d’identifier les décisions qui pourraient avoir été prises en violation des règles de gouvernance.
Un conflit entre associés mêle fréquemment plusieurs intérêts qui ne se confondent pas nécessairement.
Il faut notamment distinguer :
Cette distinction est essentielle pour déterminer qui peut engager une action et sur quel fondement.
Certains préjudices sont directement subis par l’associé. D’autres affectent d’abord la société et peuvent nécessiter une action exercée en son nom.
L’analyse de Me Baptiste Robelin consiste donc à identifier précisément la nature des manquements reprochés, la personne ayant subi le préjudice et les différentes actions susceptibles d’être engagées.
Cette qualification juridique préalable permet d’éviter une procédure inadaptée ou irrecevable.
Les premières semaines d’un conflit sont souvent déterminantes.
Il convient de centraliser rapidement les documents auxquels l’associé peut légitimement accéder :
Chaque événement doit également être replacé dans une chronologie précise.
Les accusations générales sont rarement suffisantes. Une stratégie contentieuse efficace repose sur des faits datés, des documents identifiés et des manquements juridiquement qualifiés.
La recherche de preuves ne doit toutefois pas conduire à accéder frauduleusement à une messagerie personnelle, à détourner des identifiants ou à emporter des documents auxquels l’associé n’a pas normalement accès.
La licéité et la loyauté des éléments recueillis doivent être examinées avec un avocat avant toute utilisation.
La recherche d’un accord amiable est souvent souhaitable. Elle peut néanmoins être contre-productive lorsqu’un risque de disparition ou de dissimulation des preuves existe.
Une mise en demeure trop détaillée peut alerter l’autre associé et lui permettre :
Avant d’ouvrir formellement les négociations, il peut donc être nécessaire de sécuriser les informations essentielles et d’évaluer les mesures judiciaires susceptibles d’être engagées.
Selon l’expérience de Me Baptiste Robelin, le calendrier constitue une composante essentielle de la stratégie.
Il ne s’agit pas de refuser le dialogue, mais de choisir le moment opportun pour négocier à partir d’une situation suffisamment documentée.
L’article 145 du Code de procédure civile permet de solliciter, avant tout procès, une mesure destinée à conserver ou à établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
Pour obtenir une telle mesure, le demandeur doit notamment démontrer :
Selon les circonstances, la mesure peut être demandée en référé, dans le cadre d’un débat contradictoire, ou sur requête lorsque son efficacité exige que la personne concernée n’en soit pas préalablement informée.
Elle peut notamment permettre de faire constater une situation, d’obtenir la conservation de documents, de solliciter une expertise ou de rechercher des données précisément identifiées.
L’article 145 ne permet pas d’organiser une investigation indifférenciée dans l’ensemble des documents de l’autre partie.
La demande doit être circonscrite, notamment quant :
Les droits de la défense, la vie privée, le secret professionnel et le secret des affaires doivent également être pris en considération.
Pour Me Baptiste Robelin, l’efficacité de cette procédure dépend largement de sa préparation. La demande doit être suffisamment étayée pour démontrer l’existence d’un motif légitime, mais également assez précise pour que les mesures sollicitées restent proportionnées à l’objectif poursuivi.
Une stratégie efficace ne doit pas reposer sur une seule procédure.
Dès l’ouverture du dossier, il est utile d’envisager plusieurs issues :
La solution doit tenir compte de la réalité économique de l’entreprise. Obtenir gain de cause plusieurs années plus tard présente peu d’intérêt si, entre-temps, la société a perdu ses salariés, ses partenaires, ses financements ou sa valeur.
Lorsque la sortie d’un associé est envisagée, il faut également anticiper :
Selon Me Baptiste Robelin, une procédure judiciaire n’a pas nécessairement pour finalité d’obtenir un jugement au fond.
Lorsqu’une mesure probatoire révèle des éléments sérieux, elle peut modifier l’appréciation des risques par les parties. L’associé mis en cause mesure alors plus concrètement les conséquences financières, professionnelles et réputationnelles du contentieux.
Cette évolution du rapport de force peut favoriser l’ouverture de discussions et la conclusion d’un accord.
L’un des dossiers récemment traités par Me Baptiste Robelin et son équipe illustre l’intérêt d’une stratégie associant initiative judiciaire et négociation.
Novlaw Avocats accompagnait l’un des deux associés d’une holding contrôlant un groupe de cinq restaurants en Île-de-France, dont plusieurs étaient exploités sous franchise.
Les deux associés détenaient chacun 50 % du capital et exerçaient tous deux des fonctions de direction, l’un en qualité de président et l’autre de directeur général de la SAS.
Notre client reprochait notamment à son associé :
Pour Me Baptiste Robelin, l’enjeu consistait à éviter que de simples soupçons conduisent à un affrontement judiciaire long et stérile.
Il fallait d’abord obtenir des éléments objectifs permettant d’évaluer la réalité des manquements et les risques encourus par chaque partie.
Une mesure d’instruction a donc été sollicitée sur le fondement de l’article 145 du Code de procédure civile.
Son exécution a permis de recueillir des éléments relatifs à des mouvements d’espèces, à certains échanges avec des salariés et à l’activité exercée parallèlement pour un concurrent.
Ces pièces ont profondément rééquilibré le rapport de force.
Une négociation a alors pu être engagée dans des conditions favorables. Elle a conduit à la cession des titres de l’associé concerné, pour un prix tenant compte des manquements et des risques identifiés.
L’accord a permis de sécuriser la gouvernance du groupe sans qu’il soit nécessaire d’engager les différentes procédures au fond initialement envisagées.
Pour Me Baptiste Robelin, ce dossier rappelle qu’une procédure judiciaire ne doit pas être envisagée isolément. Elle peut aussi constituer un instrument de négociation lorsqu’elle est intégrée à une stratégie globale.
Les circonstances de cette affaire ont été anonymisées afin de préserver la confidentialité des parties.
L’expérience de Me Baptiste Robelin en contentieux commercial l’a conduit à constater que les conflits entre associés se règlent rarement par la seule application mécanique des règles de droit.
Ils nécessitent une compréhension précise de la gouvernance de l’entreprise, de ses équilibres économiques, de la personnalité des protagonistes et des conséquences concrètes de chaque initiative.
Plusieurs erreurs doivent notamment être évitées :
À l’inverse, une stratégie coordonnée permet de protéger les preuves, de préserver l’entreprise et de rechercher une solution négociée dans un rapport de force plus équilibré.
La meilleure stratégie n’est pas nécessairement celle qui conduit au procès le plus long.
Une initiative judiciaire rapide, ciblée et juridiquement maîtrisée peut parfois être le moyen le plus efficace de favoriser un accord.
Me Baptiste Robelin et l’équipe droit des affaires de Novlaw accompagnent les associés, dirigeants et groupes de sociétés confrontés à des situations de blocage, à des soupçons de fautes de gestion ou à des différends portant sur le contrôle de l’entreprise.
Leur intervention en contentieux commercial peut notamment porter sur :
Cette approche repose sur la double expérience de Me Baptiste Robelin : une pratique éprouvée des juridictions commerciales et une connaissance approfondie de la négociation en droit des affaires.
Chaque dossier fait ainsi l’objet d’une stratégie adaptée aux preuves disponibles, à la gouvernance de la société et aux objectifs économiques du client.
Novlaw vous accompagne à chaque étape de votre dossier : conseil, rédaction, négociation et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.