
Ce qu'il faut retenir : le bailleur peut refuser le renouvellement d'un bail commercial, mais il doit respecter un formalisme strict et, sauf exceptions, verser au locataire une indemnité d'éviction. Le refus prend la forme d'un congé délivré par acte de commissaire de justice au moins six mois à l'avance, ou d'une réponse à la demande de renouvellement du locataire dans les trois mois.
Le droit au renouvellement est la principale protection du locataire commercial : il lui garantit la stabilité nécessaire pour développer son fonds. Le bailleur conserve pourtant la possibilité de refuser ce renouvellement, pour récupérer ses locaux, vendre libre d'occupation ou relouer à de meilleures conditions. Cet article présente les formes et les conséquences de ce refus. Le calcul de l'indemnité est détaillé dans notre guide sur l'indemnité d'éviction.
Le bail commercial ne cesse que par l'effet d'un congé ou d'une demande de renouvellement (article L.145-9 du Code de commerce). Le bailleur qui ne souhaite pas renouveler doit donc délivrer un congé :
Lorsque le locataire demande le renouvellement, le bailleur dispose de trois mois pour faire connaître son refus, dans les mêmes formes que la demande (acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec demande d'avis de réception), en précisant les motifs. À défaut de réponse dans ce délai, il est réputé avoir accepté le principe du renouvellement (article L.145-10).
En principe, oui : le bailleur doit verser une indemnité égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement (article L.145-14). Elle comprend notamment la valeur marchande du fonds et les frais de déménagement, de réinstallation et de mutation. Voir notre guide complet sur le calcul de l'indemnité d'éviction.
Le bailleur peut toutefois refuser le renouvellement sans indemnité dans des cas limités :
Non. Le locataire qui peut prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être obligé de quitter les lieux avant de l'avoir reçue (article L.145-28). Il reste dans les locaux aux conditions du bail expiré et verse une indemnité d'occupation.
Oui, par l'exercice du droit de repentir : dans les quinze jours suivant la date à laquelle la décision fixant l'indemnité est passée en force de chose jugée, tant que le locataire est encore dans les lieux et n'a pas loué ou acheté un autre immeuble pour se réinstaller (article L.145-58). Le bailleur doit alors consentir au renouvellement et supporter les frais de l'instance.
Le cabinet assiste bailleurs et locataires dans la rédaction et la contestation des congés, la négociation et le contentieux de l'indemnité d'éviction. Consultez notre page avocat en bail commercial et nos articles sur le congé dans le bail commercial et le renouvellement du bail commercial.
Oui. Le congé doit préciser ses motifs, à peine de nullité (article L.145-9 du Code de commerce).
Oui, mais il devra en principe verser au locataire une indemnité d'éviction, sauf motif grave et légitime ou autre exception légale.
S'il ne répond pas dans les trois mois, il est réputé avoir accepté le principe du renouvellement (article L.145-10 du Code de commerce).
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