L’arrêt rendu par Cour administrative d’appel de Lyon (CAA Lyon, 22 septembre 2022, Société NGE Infranet, n°20LY02597) est l’occasion de revenir sur les conditions dans lesquelles un sous-traitant peut prétendre au paiement direct de ses prestations.
Schématiquement, le sous-traitant, pour prétendre au paiement direct de ses prestations par le maître d’ouvrage, dans le cadre de son contrat de sous-traitance, le sous-traitant qui a été régulièrement agréé par le maître d’ouvrage doit adresser en temps utile sa demande de paiement direct à l’entrepreneur principal, c’est-à-dire au titulaire du marché public, ainsi qu’au maître d’ouvrage.
Une demande de paiement direct est considérée comme étant présentée en temps utile lorsqu’elle est adressée avant que le décompte général du marché principal ne soit établi et qu’il n’acquière un caractère définitif.
Consécutivement, il appartient au titulaire du marché principal de donner son accord à la demande de paiement direct présentée par son sous-traitant ou de signifier à ce dernier son refus dans un délai de 15 jours à compter de la réception de la demande de paiement direct.
Il est important de noter que le titulaire du marché principal est réputé avoir accepté la demande de paiement direct lorsqu’il garde le silence pendant plus de 15 jours à compter de la réception de cette demande.
Ensuite, il appartient au maître d’ouvrage de procéder au paiement direct du sous-traitant, qui a été régulièrement agréé par le maître d’ouvrage, dès lors que le titulaire du marché principal a donné son accord ou dès lors qu’il est réputé avoir accepté la demande de paiement direct de sous-traitant.
Le maître d’ouvrage exerce néanmoins un contrôle du montant de la créance du sous-traitant, compte tenu des travaux et des prestations qu’il a exécutées et des prix qui sont stipulés par le marché principal.
Cette procédure a pour objet de permettre au titulaire du marché principal d’exercer un contrôle sur les pièces transmises par le sous-traitant et de s’opposer, le cas échéant, au paiement direct.
Le sous-traitant doit être particulièrement vigilant quant au respect de cette procédure puisque la méconnaissance de celle-ci fera obstacle à ce qu’il puisse se prévaloir, auprès du maître d’ouvrage, d’un droit au paiement de ses prestations.
Mise à jour : CE, 17 octobre 2023, SIEL Territoire d’énergie Loire, n° 469071
Le sous-traitant du titulaire d’un marché public qui omet de communiquer sa demande de paiement direct au titulaire du marché ou qui se voit opposer un refus de la part du titulaire ne peut se prévaloir ensuite d’un droit à ce paiement auprès du maître d’ouvrage.