Lorsqu’il est trop tard pour exercer un recours direct contre le plan local d’urbanisme, il reste possible de demander à l’autorité administrative qui a élaboré ce document de l’abroger en tout ou partie.
En effet, le plan local d’urbanisme constitue un acte réglementaire.
Cela a pour conséquence que l’administration est dans l’obligation d’abroger un PLU illégal.
Cette illégalité peut exister depuis l’origine ou être survenue en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à l’adoption du plan local d’urbanisme.
Concrètement, si vous estimez que le plan local d’urbanisme applicable dans votre Commune est illégal mais qu’il est trop tard pour le contester directement, vous pouvez demander à l’autorité administrative (la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale) qui l’a approuvé de l’abroger.
Cette demande peut être exercée à tout moment.
L’autorité aura deux mois pour examiner cette demande. Passé ce délai, si elle n’a pas répondu, un refus implicite d’abroger sera né.
Ce refus pourra alors être contesté devant le juge administratif.
Dans ce cadre, il ne sera pas possible d’obtenir directement l’annulation du PLU mais il sera possible d’obtenir du juge qu’il ordonne à l’autorité de modifier son plan local d’urbanisme pour le rendre légal.
C’est donc une voie très utile de recours lorsque le délai pour exercer la voie de recours direct a expiré.
Il est important de signaler que, dans ce cadre, ce sont essentiellement les règles d’urbanisme et le classement des parcelles qui pourront être contestés. À l’inverse, la grande majorité des vices de procédure susceptibles d’entacher d’illégalité le plan local d’urbanisme ne pourront pas être invoqués devant le juge administratif (CE, 18 mai 2018, n° 414583, CFDT Finances).