C’est dans le cadre de ces nouveaux cas possibles de régularisation que s’inscrit l’affaire ici commentée.
La Commune de Montriond avait accordé à une société un permis de construire pour la réalisation d’un chalet de trois logements.
Ce permis avait été contesté par un voisin.
Postérieurement à l’introduction de ce recours, un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) était venu remplacer le plan local d’urbanisme (PLU) sur la base duquel avait été accordé le permis de construire de la société pétitionnaire.
Ce PLUI prévoyait notamment de nouvelles règles de retrait des constructions.
Or, le projet de la société pétitionnaire méconnaissait les anciennes règles de retrait du règlement du PLU de la Commune si bien que cette société a sollicité la délivrance d’un permis modificatif pour bénéficier des règles du règlement du nouveau PLUI.
Dans l’affaire ici commentée (CE, 23 octobre 2025, Commune de Montriond, n° 492924), le Conseil d’État confirme que la délivrance du permis modificatif a eu pour effet de régulariser le permis initial au regard des nouvelles règles applicables.
Il confirme donc le jugement du Tribunal administratif de Grenoble qui avait écarté le vice invoqué par le requérant comme inopérant, du fait de la régularisation intervenue.
En réalité, cette solution a pour mérite de faire gagner du temps aux porteurs de projet.
En effet, si une telle faculté de régularisation n’était pas reconnue au pétitionnaire, ce dernier aurait pu déposer une nouvelle demande de permis après l’annulation de son premier permis afin de bénéficier des nouvelles règles du règlement du PLUI.
Cela évite qu’un nouveau contentieux soit engagé contre ce nouveau permis.
Toutefois, cette dernière jurisprudence nous parait susceptible d’être remise en cause par la loi de simplification du droit de l’urbanisme qui prévoit notamment un gel des règles applicables aux permis modificatifs.
Voir notre article à ce sujet : Loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement : ou comment faciliter la réalisation des projets
Pendant 3 ans suivant la date de délivrance du permis initial, toute demande de permis modificatif sera analysée sur la base des règles applicables à la date d’obtention de ce permis initial.