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1.7.2026

Quelles clauses faut-il vérifier avant de signer un bail commercial ?

Destination, loyer, charges, travaux, cession du bail, clause résolutoire : découvrez les clauses essentielles à vérifier avant de signer un bail commercial et évitez les pièges les plus fréquents.
Sommaire
Baptiste Robelin
Baptiste Robelin
Associé fondateur

Signer un bail commercial constitue l'un des engagements les plus importants dans la vie d'une entreprise. Pourtant, de nombreux commerçants, restaurateurs, hôteliers ou professionnels libéraux se concentrent uniquement sur le montant du loyer et négligent certaines clauses qui peuvent avoir des conséquences financières considérables pendant toute la durée du bail.

Une clause mal rédigée peut entraîner des restrictions d'activité, des travaux imprévus, des augmentations de charges ou encore rendre difficile la revente du fonds de commerce.

Avant de signer un bail commercial, il est donc essentiel d'analyser minutieusement l'ensemble des stipulations contractuelles.

Pourquoi faut-il analyser son bail commercial avant de le signer ?

Le bail commercial est généralement conclu pour une durée minimale de neuf ans. Si une durée supérieure à 9 ans est possible pour un bail commercial, elle peut avoir des conséquences sur la révision du loyer lors du renouvellement et les facultés de résiliation triennale du preneur.

Or, une fois signé, il devient souvent difficile de remettre en cause certaines clauses, même lorsqu'elles apparaissent déséquilibrées.

Un audit préalable du bail permet notamment :

  • d'identifier les risques juridiques ;
  • de négocier certaines clauses avant la signature ;
  • de sécuriser l'exploitation du fonds de commerce ;
  • d'anticiper les coûts futurs ;
  • de préserver la valeur du droit au bail.

Pour un restaurant, un hôtel, un commerce de proximité ou une activité de services, cette étape est fondamentale. Les exploitants ne doivent jamais l’oublier : le bail commercial constitue l’un des actifs essentiels de leur fonds de commerce et donc une clé pour sa valorisation.

La clause de destination : l'élément le plus important du bail commercial

La clause de destination définit précisément les activités autorisées dans les locaux.

Il s'agit probablement de la clause la plus importante du bail.

Pourquoi cette clause est-elle essentielle ?

Le locataire ne peut exercer que les activités prévues au bail.

Une activité insuffisamment définie peut empêcher :

  • l'évolution du concept commercial ;
  • l'ajout d'activités complémentaires ;
  • la vente de certains produits ;
  • l'installation d'une terrasse ;
  • l'exploitation d'un débit de boissons.

Exemple dans la restauration

La destination de petite restauration ou de restauration est un exemple frappant des conséquences de l’activité autorisée sur le bail commercial et les obligations des parties.

Un bail autorisant uniquement « petite restauration sans cuisson » n'autorisera pas nécessairement :

  • la restauration traditionnelle ;
  • les grillades ;
  • les fritures ;
  • la cuisson sur place.

Inversement, un bail commercial de « restauration » impliquera en principe l’obligation pour le bailleur de mettre à disposition du preneur une extraction, au titre de son obligation de délivrance.

Vérifier les conditions de révision du loyer

Le montant du loyer n'est qu'un élément parmi d'autres.

Il convient également d'étudier :

  • la clause d'indexation ;
  • l'indice choisi (ILC, ILAT ou ICC) ;
  • les modalités de calcul ;
  • les mécanismes de plafonnement.

Les règles encadrant la révision du loyer dans un bail commercial peuvent ainsi avoir des conséquences économiques majeures pour le preneur au fil du temps.

Attention aux clauses d'indexation irrégulières

Certaines clauses d'indexation (aussi appelées clauses d’échelles mobiles) ont été annulées par les tribunaux lorsqu'elles créaient un déséquilibre dans l'évolution du loyer.

Une vérification préalable permet d'éviter des contentieux futurs.

A noter que le régime de ces clauses d’indexation a été largement modifié depuis la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026, avec l’instauration des clauses tunnel.

L’article L. 145-38-1 autorise désormais les clauses encadrant dans les mêmes proportions, à la hausse et à la baisse, la variation de l’indice des loyers commerciaux pris en compte pour la révision du loyer.

Cette disposition vise à sécuriser les clauses limitant les variations excessives de l’indice.

Les charges récupérables : une clause souvent négligée

De nombreux litiges opposent bailleurs et locataires concernant les charges.

S’agissant de la répartition des charges entre bailleur et preneur, le bail commercial doit préciser avec exactitude :

  • les charges supportées par le locataire ;
  • les taxes récupérables ;
  • les modalités de régularisation ;
  • les dépenses exclues.

Vérifier la conformité avec l'article L.145-40-2 du Code de commerce

Certaines dépenses ne peuvent légalement être imputées au locataire.

C'est notamment le cas de certains gros travaux relevant de l'article 606 du Code civil.

Qui paie les travaux ?

La question de la répartition des travaux entre le preneur et le bailleur dans un bail commercial est souvent source de mauvaises surprises.

Les travaux d'entretien

Ils sont généralement supportés par le locataire.

Les gros travaux

Le bail doit préciser qui prend en charge :

  • la toiture ;
  • les murs porteurs ;
  • les façades ;
  • les réseaux structurels ;
  • les mises en conformité importantes.

Pour un restaurant ou un hôtel, ces montants peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Vérifier la présence d'une clause d'exclusivité

Dans un centre commercial ou un ensemble immobilier, il peut être utile de bénéficier d'une clause d'exclusivité.

Cette clause interdit au bailleur de louer un autre local à un concurrent direct.

Elle protège l'activité du locataire et la valeur du fonds de commerce.

La clause de cession du bail et du fonds de commerce

Un chef d'entreprise ne signe pas uniquement pour exploiter son activité.

Il doit également anticiper sa sortie.

Peut-on céder librement le bail ?

Certaines clauses imposent :

  • l'autorisation préalable du bailleur ;
  • son intervention à l'acte ;
  • des formalités spécifiques.

Ces restrictions peuvent compliquer la vente future du fonds de commerce et la cession du droit au bail. Attention également au mécanisme de solidarité prévue au bail, en particulier aux clauses de solidarité dite « inversée » entre bailleur et preneur, qui peuvent avoir des conséquences importantes en cas de procédure collective du preneur.

Pourquoi est-ce important ?

Un bail facilement cessible augmente la valeur du fonds de commerce.

Vérifier les clauses relatives aux garanties

Le bail peut prévoir :

  • un dépôt de garantie ;
  • une caution personnelle ;
  • une garantie bancaire ;
  • une garantie à première demande.

Ces engagements doivent être analysés avec attention, notamment lorsque le locataire crée une société. A noter là encore que la loi de simplification de la vie économique encadre désormais le dépôt de garantie, limité à trois mois de loyer.

Les clauses relatives aux nuisances et à la copropriété

Pour les activités de restauration, de bar ou d'hôtellerie, cette question est essentielle.

Le bail doit être compatible avec :

  • le règlement de copropriété ;
  • les contraintes de voisinage ;
  • les règles d'urbanisme ;
  • les autorisations administratives.

Le cas particulier des restaurants

Avant de signer un bail pour un restaurant, il convient notamment de vérifier :

  • la possibilité d'installer une extraction ;
  • les restrictions de copropriété ;
  • les autorisations de terrasse ;
  • les limitations horaires.

Il est certes possible pour le locataire de demander à la copropriété l’installation d’une extraction ; mais celle-ci peut tout à fait s’y opposer si elle dispose de motifs légitimes.

Dans tous les cas, il est vivement conseillé pour les parties de s’enquérir avant la signature du bail de l’existence ou non d’une extraction dans le local commercial, de sa conformité le cas échéant, ou des délais et formalités pour en installer une si le preneur envisage une activité de restauration.

La clause résolutoire : le risque d'expulsion

La clause résolutoire permet au bailleur d'obtenir la résiliation du bail en cas de manquement du locataire.

Elle doit être examinée avec attention.

Les manquements pouvant entraîner la résiliation sont souvent :

  • les impayés de loyer ;
  • le non-respect de la destination ;
  • l'absence d'assurance ;
  • les travaux non autorisés.

Les clauses environnementales et énergétiques

Les nouvelles réglementations imposent progressivement davantage d'obligations aux propriétaires et exploitants.

Il convient d'identifier :

  • les obligations de performance énergétique ;
  • les diagnostics fournis (DDT) ;
  • les éventuels travaux à venir ;
  • leur financement.

Pourquoi faire relire un bail commercial par un avocat avant de signer ?

Le bail commercial est souvent signé dans un contexte d'urgence :

  • ouverture d'un restaurant ;
  • reprise d'un fonds de commerce ;
  • installation dans de nouveaux locaux.

Pourtant, quelques heures d'analyse préalable permettent souvent d'éviter plusieurs années de difficultés.

Un avocat spécialisé en bail commercial peut :

  • auditer le projet de bail ;
  • identifier les clauses à risque ;
  • négocier avec le bailleur ;
  • sécuriser l'opération ;
  • protéger la valeur future du fonds de commerce.

L'accompagnement de Baptiste Robelin et du cabinet Novlaw

Depuis plus de quinze ans, Maître Baptiste Robelin accompagne commerçants, restaurateurs, hôteliers, investisseurs et enseignes dans la négociation et la sécurisation de leurs baux commerciaux.

Le cabinet Novlaw intervient quotidiennement sur des problématiques liées à la signature de nouveaux baux, à la reprise de fonds de commerce, à l'ouverture de restaurants et d'hôtels, à l'installation de terrasses ou d'extractions, ainsi qu'aux contentieux entre bailleurs et locataires.

Une analyse préalable du bail permet très souvent d'identifier des risques majeurs et d'obtenir des modifications contractuelles avant la signature, lorsque le rapport de force est encore favorable au futur locataire.

FAQ : Clauses à vérifier avant de signer un bail commercial

Quelles sont les clauses les plus importantes dans un bail commercial ?

La clause de destination, les clauses relatives au loyer, aux charges, aux travaux, à la cession du bail et à la résiliation figurent parmi les plus importantes.

Peut-on modifier un bail commercial avant sa signature ?

Oui. Tant que le bail n'est pas signé, toutes les clauses peuvent être négociées entre les parties.

Faut-il faire relire un bail commercial par un avocat ?

Oui. Le coût d'une analyse préalable est souvent très inférieur aux conséquences financières d'une clause défavorable découverte après signature.

Le bailleur peut-il interdire certaines activités ?

Oui. La destination des locaux est librement définie par les parties sous réserve du respect de la réglementation applicable.

Une clause peut-elle empêcher la vente future du fonds de commerce ?

Certaines clauses peuvent compliquer ou ralentir la cession du fonds. Il est donc essentiel de les analyser avant la signature.

Un projet ou un litige, contactez-nous

Novlaw vous accompagne pour sécuriser votre bail commercial à chaque étape : négociation, rédaction, exécution et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.